Marguerite de Lottis, peintre napolitaine dans la France d’avant la guerre.

 

La fortune critique de Marguerite de Lottis est un peu mince, mais tout est un peu dit dans le titre: quelles difficultés ne peut-on imaginer pour une femme peintre née à Naples qui exposa à Paris et à Rome dans les années 1930 ?
C’est le Bénézit, irremplaçable, qui nous donne ces bribes : d’elle on sait qu’elle est née à Naples et qu’elle exposa régulièrement à Paris au Salon des Indépendants et au Salon des Artistes Français en  1933, 1934 et 1939, qu’elle figura également à Rome au Palais des Expositions en 1928, 1929 et 1936 (Bénézit, T8 p 814)

Marguerite de Lottis, Nature morte aux raisins et aux figues, huile sur panneau de bois, signé en bas à droite, 21 x 27 cm

Ma rencontre avec elle, ou plutôt avec son art s’est faite avec une Nature morte, pleine d’énergie, qui dénote une personnalité artistique qui sort de l’ordinaire tout en s’attachant à la figuration.

Je la retrouve avec deux œuvres issues de la même collection, peintes dans les mêmes tons, dont le revers témoigne d’une exposition dans un de ces fameux salons avec les restes d’étiquettes.

Marguerite de Lottis, Nu féminin, huile sur panneau d’isorel signé en bas à droite, 59 x 70 cm

Ce que l’on y retrouve surtout et qu’on y voit développée c’est cette personnalité artistique originale et énergique, avec ces touches très particulières.

La pose étrange du nu rappelle que Matisse n’est pas loin à cette époque mais là s’arrête la comparaison.

Marguerite de Lottis, Portrait d’homme assis, huile sur panneau d’isorel signé en bas à gauche, 70 x 59 cm

Le portrait d’homme plus étrangement m’évoque étrangement la peinture figurative américaine.

Ces deux œuvres, peintes et sans doute exposées ensemble, d’après les lambeaux d’étiquettes au revers, auraient-elles été conçues comme un diptyque ?
L’homme au repos regardant un modèle ou une amante.
Un nouvel horizon de mystère sur la personnalité et l’art de Marguerite de Lottis.